Connexions des Prieurés du 7 mars

Connexions des Prieurés  Dimanche 07 mars 2021 : 3ème dimanche de carême.

Chères amies, Chers amis,
En ce 3ème dimanche de carême, nous nous situons à mi-chemin de notre montée vers Pâques. N’est-ce pas une occasion favorable d’évaluer le chemin parcouru ? Plutôt que d’en faire un exercice communautaire, je préfère le soumettre premièrement à l’appréciation de chacun. Comment, individuellement, a-t-on résolu de vivre « son carême » ? Quelle décision importante a-t-on prise qui a rejoint l’appel à la pénitence, à la prière et au partage nous lancé au début de ce temps de grâce ? Loin  de paraître comme un exercice anodin, ce questionnement est susceptible de nous permettre de repartir à nouveau en reconsidérant le temps qui nous reste comme moment décisif qui engage notre agir chrétien.
Je vous invite par ailleurs à une communion de prière intense avec le Saint Père
François qui, depuis ce vendredi, séjourne en Irak à la rencontre de nos frères et
sœurs chrétiens, encore très minoritaires dans ce pays et souvent victimes de
l’intolérance religieuse. Si cette visite apostolique dans cette région d’où Abraham a été appelé et qui fut aussi terre d’exil du peuple de Dieu et d’où ont résonné des voix prophétiques comme celle d’Ezéchiel, peut aider au changement des mentalités, à la compréhension mutuelle et à la construction de la fraternité afin que disparaissent les conflits et les terrorismes meurtriers.
Je saisis enfin cette occasion pour adresser un vibrant hommage à toutes les
femmes du monde, et particulièrement celles de notre Unité Pastorale, en
commémoration de la journée du 08 mars qui leur est dédiée universellement.

Blaise AFWANISU,
Votre curé.

Liturgie de la Parole:
– 1ère lecture : Ex 20,1-17 : Dieu, par l’intermédiaire de Moïse, donne sa loi qui est comme un contrat d’alliance entre lui et son peuple.
– Psaume 18b (19) «Seigneur, tu as les paroles de la vie éternelle » (Refrain).
– 2ème lecture : 1 Co 1,22-25 : « Nous proclamons un Messie crucifié, scandale
pour les hommes, mais pour ceux que Dieu appelle, il est sagesse de Dieu »
– Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (2,13-25)
Comme la Pâque juive était proche, Jésus monta à Jérusalem. Dans le Temple, il trouva installés les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs. Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d’ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. » Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit : L’amour de ta maison fera mon tourment. Des Juifs l’interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? » Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. » Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais ! » Mais lui parlait du sanctuaire de son corps. Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite. Pendant qu’il était à  Jérusalem pour la fête de la Pâque, beaucoup crurent en son nom, à la vue des signes qu’il accomplissait. Jésus, lui, ne se fiait pas à eux, parce qu’il les connaissait tous et n’avait besoin d’aucun témoignage sur l’homme ; lui-même, en
effet, connaissait ce qu’il y a dans l’homme. – Acclamons la Parole de Dieu.

Méditons… : Détruire et construire la maison de nos vies.
L’évangile de notre 3ème dimanche de carême est bien connu, puisqu’il nous montre Jésus se mettre en colère et, même, faire preuve de violence. Cet épisode a d’ailleurs servi à justifier un peu tout et n’importe quoi en termes de colère et de violence par certains chrétiens, puisque Jésus l’avait fait !
Pourtant, ce qui est central, dans ce texte de Jn 2, ce n’est pas la colère de Jésus mais bien le Temple de Jérusalem et la place qu’il doit tenir dans notre vie de croyant. A priori, le Temple de Jérusalem n’a rien à voir avec notre foi et pourtant « lui parlait du sanctuaire de son corps » et nous introduisait dans le mystère de sa mort et de sa résurrection. En Hébreu, pour parler du Temple de Jérusalem, on utilise le mot « maison », le Temple c’est tout simplement la maison de Dieu. Cette maison est-elle une maison de commerce ou la maison du Père ? Cette maison doit-on la détruire pour la reconstruire ?
Le prophète Jérémie, par dix fois dans son livre, en parlant du retour à Dieu (la
conversion), nous dit qu’il y a un temps pour détruire et un temps pour construire.
Jérémie se situe à l’époque de la destruction du Temple de Jérusalem et, comme
Jésus, il fait un parallèle entre la destruction du Temple de pierre et la reconstruction du peuple en tant que peuple de Dieu.
Et nous avons-nous une maison à détruire et une maison à construire ?
Les lectures de ce jour nous disent quel temple il nous faut détruire et quel temple il  nous faut construire dans nos vies.
I/ Un Temple à détruire : cf. Ex 20 et les dix commandements.
1/ Détruire le temple de notre orgueil.
« Tu n’auras pas d’autres dieux que moi » Ex 20
La première des dix paroles qui ouvre le Code de l’Alliance en Ex 20 est bien une parole
qui vient mettre les choses en ordre. Il s’agit de remettre Dieu à la première place
dans nos vies et non plus nous mettre toujours à la première place.
Il s’agit en quelque sorte de mourir à soi-même, à la suite du Christ, pour découvrir
notre vie transfigurée à la lumière de l’amour de Dieu pour l’homme.
2/ Détruire le temple de notre égoïsme.
« Tu ne commettras pas… ; tu ne convoiteras pas… ; tu honoreras… » Ex 20
Après Dieu, ce n’est pas encore moi que je vais mettre en second, il y a d’abord le
prochain et le respect de l’autre qu’il s’agit de mettre avant soi-même.
Honorer ses parents, respecter l’immigré, ne pas convoiter ce qui ne nous appartient
pas. Le temps du carême est un temps où l’on se penche sur soi-même et sa vie pour
s’en détacher et mettre le prochain avant son propre égoïsme.
3/ Détruire le temple de notre puissance et de notre pouvoir.
« La faiblesse de Dieu est plus forte que l’homme. » 1Co 1
La logique de Dieu n’est pas la nôtre, sa puissance se déploie à travers la faiblesse, la
pauvreté et l’humilité. Le temps du carême est un temps d’abandon de nos désirs de
puissance et de domination. Saint Paul rappelle aux Corinthiens que la puissance de
Dieu et sa sagesse résident dans sa faiblesse et la faiblesse de la croix.
Mais il ne suffit pas de détruire, il faut aussi construire.
II/ Un Temple à construire : le corps du Christ : cf. Evangile Jn 2,13-25 .
1/ Construire le Temple comme corps du Christ-Eglise.
« Ne faites pas de la maison de mon père une maison de trafic. »
Le temps du carême est un temps où l’on est appelé à faire corps, à l’unité avec les autres, en Christ, pour faire Eglise. Un temps où l’on doit chercher à dépasser nos différences de spiritualité, d’opinions politiques, de catégories sociales ou sexuelles, pour faire un seul corps qui soit visage du Christ pour le monde. Un visage de justice et de paix.
2/ Construire le temple comme corps du Christ-eucharistie.
« Le temple dont il parlait c’était son corps. »
Le temple, c’est le corps du Christ au quel nous sommes invités à communier. C’est le Christ eucharistie qui est source et sommet de la foi. En communiant au corps du Christ nous devenons, comme dit saint Paul, nous aussi temple de l’Esprit et notre corps un temple spirituel. La maison de Dieu devient celle du Christ pain et vin eucharistique et ensuite notre propre demeure par la communion.
3/ Construire le Temple comme Christ Parole de Dieu le Père.
« Ils crurent aux prophéties et à la parole que Jésus avait dite. » Les hébreux en exil à Babylone ont découvert que le temple, lieu de rencontre privilégié avec Dieu, n’était pas le temple de pierre bâti par Salomon, mais bien la Parole de Dieu, les Ecritures à travers la Loi et les prophètes. Le temps du carême est aussi un temps pour découvrir la richesse et la beauté de ce temple qu’est la Bible, la parole de Dieu.
Il y a à détruire et à construire dans toute vie. Quand on s’en rend compte, on
s’aperçoit que 40 jours c’est bien peu et qu’une vie n’est peut-être pas suffisante.
Mais, quel que soit le temple que l’on édifie, rappelons-nous que la pierre angulaire en est le Christ, mort et ressuscité pour nous.
P. Damien Stampers.

Prions… : Ton corps, ce sanctuaire de chair
Seigneur, je suis devant ton zèle
comme devant un épais mystère.
Qui es-tu pour choisir la colère ?
Moi je voudrais tout garder,
le monde que tu m’as donné,
et le Père qui nous aime.
Mais ce monde est pour le Père
comme tu es pour le monde.
Bienheureuse colère qui m’annonce
que tu vas te relever de la mort
car ton corps est un sanctuaire
moins périssable que la pierre,
un sanctuaire de chair.
Qu’en lui, j’habite dans l’amour
tous les jours de ma vie !
Que ta résurrection ne soit pas
un mot creux que l’on ressasse !
Mais qu’elle m’entraine plus loin,
vers le bruissement de ta présence
et le doux dialogue de nos cœurs. Ainsi soit-il !
Anne Soupa, cf. signet du 3e dimanche de carême, 08 mars 2021)

Brèves de notre UP
La grille des célébrations pour la semaine sainte paraitra à notre prochain feuillet
dominical. Jusqu’ici les mesures restrictives limitant à 15 personnes la participation
aux célébrations n’ont pas du tout évolué sauf pour les funérailles où le nombre
maximum passe à 50 personnes, à condition de prévoir un espace de 10m2 par personne.
C’est en avril que le culte pourrait également reprendre avec un maximum de 50
personnes moyennant les règles de distanciation et le port du masque.

Ils nous ont quittés…
Funérailles à Seneffe : lundi 1er mars : Dewandeleer Marie-Thérèse
Funérailles à Manage : lundi 1er mars : Rosa Cannella
Funérailles à Arquennes : mardi 2 mars : Jacqueline Michel et Maria Vlasics
Funérailles à Chapelle : vendredi 5 mars : Jacques Amand
Funérailles prévues pour lundi 8 mars à 11h à l’église de Seneffe : Gaston Putman.

Bon dimanche et bonne semaine !