« Le Christ est ressuscité ! »

Suivre le Christ jusqu’au bout… Mais quand il meurt, quand le projet s’effondre et qu’avec lui se diluent les liens tissés ? Quand le temps de l’absence de Dieu se fait pesant et laisse la souffrance, la violence, le manque d’espérance nous excéder ? Quand les pratiques vieillies s’amenuisent et que les institutions décalées tombent en ruine, qu’est-ce alors que suivre ?

Nous pouvons réagir en fermant les portes par peur, comme l’écrit D. Aleixandre, la pierre du tombeau étant trop  grande et lourde pour nous. Nous pouvons être tentés de  prolonger le samedi en nous réfugiant dans l’entre nous  d’une spiritualité sans consistance, ou de prendre des chemins d’Emmaüs qui fuient la violence, la mort et les combats. Nous baissons les bras devant un ordre du monde trop injuste, une violence trop enracinée, une foi trop incongrue…

Mais il y a le chemin alternatif du “premier jour de la semaine”. Chemin de ceux qui marchent dans l’obscurité de la nuit mais s’approchent des lieux de mort, justement pour arracher à celle-ci quelque chose de sa suprématie, pour l’empêcher de ronger et contaminer la vie. Comme ces femmes avec leur parfum voulaient effacer la mort du visage de Jésus. Seul l’amour, la compassion, donnent d’emprunter ce chemin avec foi malgré le poids des obstacles.

Et le miracle se produit. La lumière, la parole et la vie sont au rendez-vous. Le tombeau est vide mais il parle lumineusement : la vie n’est plus tenue là, enfermée par la mort désormais déchue de son pouvoir. Elle n’est plus derrière nous, dans les souvenirs de beaux jours hypothétiques et perdus. Elle nous précède, elle est en avant de nous.

Source : revue Christus avril 2019

 

Méditation de saint Grégoire de Nazianze (Père de l’Eglise – 4ème siècle) :

« Nous voulons attester, à vous, Fils et Frères, et à tous ceux qui, dans le monde, sont revêtus de la gloire et de l’espérance du nom chrétien, que le Christ, encore aujourd’hui est, dans l’histoire du monde, aujourd’hui plus encore que jamais, le Christ est vivant, le Christ est réel. Vivant et réel, non pas dans la pénombre du doute et de l’incertitude… Le Christ est présent. Le temps ne le contient ni ne le consume. L’histoire évolue et peut modifier beaucoup la face du monde.

Mais sa présence l’éclaire… Il est la joie de la terre ; il est le médecin de toutes les infirmités humaines. Il est personnifié en tout homme qui souffre ; tant qu’il y aura de la douleur sur la terre, il s’en fera lui-même l’image pour susciter l’énergie de la compassion et de l’amour généreux. Jésus est donc toujours et partout présent… Il est le maître, le frère, le pasteur, l’ami de tous les siens, le sauveur de chacune des créatures humaines qui a la chance d’être par lui associée comme cellule du corps mystique dont il est la tête.

Tous sont autorisés à l’appeler par son nom, non pas comme un personnage étranger, loin et inaccessible, mais comme le « TU » du suprême et unique amour, comme l’Époux de son propre bonheur qui, mystérieusement, est plus proche de ce que peuvent imaginer ceux qui le cherchent, comme il a été dit : « console-toi, tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais déjà trouvé ».